Victoria, premier territoire occidental en mettant le télétravail sous la loi

La région australienne de Victoria se prépare à devenir un pionnier en matière de télétravail en imposant aux entreprises de permettre au moins deux jours de travail à distance par semaine à leurs employés dont le poste le permet. Cette loi, prévue pour entrer en vigueur le 1er septembre 2026, s'appliquera à la fois au secteur public et privé. Elle transformera Victoria, dont la capitale est Melbourne, en un des premiers territoires développés à protéger par la législation un quota minimal de télétravail.

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L'objectif est de favoriser la conciliation des emplois et des familles

Le gouvernement travailliste de Victoria, mené par Jacinta Allan, entend ainsi consolider une transformation déjà engagée après la pandémie. Selon l'argumentation de Jacinta Allan, travailler à domicile « économise du temps et de l'argent aux familles et permet à plus de parents de travailler », a rapporté le Financial Times. Le gouvernement estime également que la flexibilité du travail peut augmenter la participation au marché du travail et améliorer la conciliation, en particulier pour les femmes avec enfants.

Melbourne, qui a vécu des confinements longs durant la pandémie, a accéléré l'adoption du télétravail dans les secteurs corporatifs. De grandes entreprises clés, comme les mines, les banques, les télécommunications ou les fonds de pension, ont des sièges et des bureaux dans la ville et ont déjà mis en place des modèles hybrides de deux ou trois jours de travail à domicile. Mais la nouvelle loi ferait de ce choix une obligation légale pour les entreprises, sous réserve que les postes le permettent.

Cependant, la proposition a ouvert un vif débat politique et commercial. Les associations patronales et certains dirigeants craignent que la contrainte légale rigide puisse augmenter la charge réglementaire ou affecter la productivité. Certains groupes patronaux ont même averti que cela pourrait réduire l'attractivité de l'État pour les investissements ou pousser des entreprises à déplacer leurs activités vers d'autres territoires avec des règles plus souples.

Si le Parlement approuve la loi dans les prochains mois, Victoria pourrait ainsi devenir un cas d'étude mondial sur l'avenir du travail hybride. Dans de nombreux pays, en particulier en Europe et aux États-Unis, le débat est encore ouvert. Alors que certaines entreprises pressent pour recracher la présence totale, les syndicats et les gouvernements tentent de intégrer le télétravail dans la réglementation du travail.