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Ubuntu: ia, une approche prudente pour ne pas sombrer dans le 'slop'

L'intelligence artificielle est partout, infiltrée dans les logiciels, les outils, même les appareils. Canonical, à l'origine d’Ubuntu, s’inscrit désormais dans cette course, mais avec une philosophie singulièrement différente.

Jon snowball et la promesse d

Jon snowball et la promesse d'une ia maîtrisée

Jon Snowball, figure clé de Canonical, a publié un texte clair : le futur de l’IA sous Ubuntu ne sera pas une simple incorporation aveugle. Il s'agit d'une approche calibrée, ancrée dans les valeurs fondamentales de Linux – l'ouverture et la confidentialité. Une réaction face à l'effet Copilot, un modèle de surveillance déguisé.

La stratégie est simple, mais audacieuse : aucune fonctionnalité d'IA ne pourra accéder à Ubuntu sans passer par un filtre rigoureux. Ce n'est pas une question de performance, mais de contrôle. Les outils devront être extrêmement robustes, transparents – c’est-à-dire open source – et, autant que possible, exécutés localement. Plus de transferts massifs de données vers des serveurs lointains et opaques.

Cette priorité absolue à la sécurité et à la vie privée sépare Ubuntu de la logique dominate par les géants de la Silicon Valley, qui semblent prêts à sacrifier la confidentialité sur l'autel de la nouveauté. Un choix stratégique, loin des précipitations de Microsoft avec Windows 11.

Canonical privilégie la prudence, une approche qu'elle qualifie d’antidote au ‘AI slop’ – ce terme, bien employé, décrit la profusion de fonctionnalités d’IA de qualité variable, souvent mal conçues et opaques. Cette lenteur est délibérée, une manière d'éviter les erreurs que nous avons pu observer avec d'autres entreprises. La priorité est de garantir une intégration de qualité, et non de se précipiter vers un produit d'IA artificiel.

Un retour aux sources de Linux, qui, en rappelant les paroles de Linus Torvalds, a même introduit une étiquette pour les contributions générées par l'IA, soulignant ainsi l'origine de ces éléments. Cette démarche vise à responsabiliser les développeurs et à éviter l'accumulation de code non vérifié, source fréquente de bugs et de failles de sécurité. Des contributions automatisées, sans contrôle, sont rapidement devenues des problèmes majeurs.

L'histoire de Linux illustre parfaitement les dangers des contributions impulsives. Des correctifs générés automatiquement, sans révision approfondie, ont conduit à des projets voués à l'échec, ternissant la réputation et minant la confiance de la communauté. Canonical cherche à éviter ce piège, en encourageant une approche rigoureuse et transparente.

La solution ? Une approche méthodique, où chaque interaction avec l'IA est traitée en interne, de manière sécurisée et privée. Cela implique un effort de puissance accrue, mais la protection des données utilisateurs prime. Le prix à payer pour une IA véritablement intégrée, et non une simple façade.