Tensions iran-états-unis : volatilité sur les marchés, le pétrole monte
Les marchés asiatiques ont réagi avec une inquiétude palpable aux signaux contradictoires émanant des négociations entre les États-Unis et l'Iran, une situation qui a provoqué une baisse des cours des actions et des obligations.

Le secteur pétrolier en hausse, les marchés boursiers en berne
La volatilité s'est emparée des marchés financiers après des rapports divergents sur les pourparlers visant à désamorcer les tensions en Moyen-Orient. Les indices boursiers asiatiques ont chuté, notamment le Topix de Tokyo (-0,8%), le Hang Seng de Hong Kong (-2%) et le Shanghai Composite (-0,9%). Cette baisse s'est accompagnée d'une augmentation du prix du pétrole brut Brent, qui a grimpé de 2,2 % pour atteindre environ 104,50 dollars le baril. Cette flambée, conséquence des inquiétudes persistantes concernant le passage du pétrole à travers le détroit d'Ormuz, est un signe de la fragilité de l'approvisionnement énergétique mondial.
Le sentiment des investisseurs est affecté par la crainte d'une escalade du conflit. L'incertitude quant à l'issue des discussions a engendré une aversion au risque, se traduisant par une fuite vers les actifs refuges comme l'or, qui a chuté de 1 % pour se situer autour de 4 460 dollars l'once.
Les actions technologiques ont particulièrement souffert, suite à la présentation par Google d'une nouvelle technique de compression pour les grands modèles de langage. Ce développement, bien que potentiellement révolutionnaire, a alimenté les craintes d'une baisse de la demande pour les infrastructures de calcul.
La situation s'est compliquée avec les tensions internes aux BRICS, où l'Iran insiste sur la nécessité de condamner les frappes américaines en Iran. Cette position a exacerbé les divisions au sein du groupe, fragilisant sa capacité à agir comme contrepoids aux États-Unis et à l'Occident.
Les marchés américains et européens prévoient une nouvelle journée de pertes, alors que les opérateurs attendent avec impatience les prochaines déclarations de la Maison Blanche. La Casa Blanca assure que des discussions productives ont eu lieu avec l'Iran, mais Téhéran reste réticent à céder. L'agence de presse iranienne Fars a rapporté qu'un projet de loi visant à imposer des taxes aux navires traversant le détroit d'Ormuz est en cours d'élaboration au Parlement iranien, une décision qui risque de déstabiliser davantage le marché pétrolier.
Les banques centrales, notamment la Banque centrale européenne (BCE) dirigée par Christine Lagarde, ont également réagi à la situation géopolitique. Lagarde a clairement indiqué que de nouvelles hausses de taux d'intérêt pourraient être envisagées lors de prochaines réunions, afin de lutter contre l'inflation alimentée par la hausse des prix de l'énergie. Cette perspective a pesé sur les marchés obligataires, qui ont vu la rentabilité des bons du Trésor américain à 10 ans augmenter de trois points de base, atteignant 4,36 %.
Les stratégies des investisseurs sont partagées. Selon David Savage de Bloomberg, les risques économiques liés au conflit iranien sont sous-estimés et pourraient peser sur la croissance et l'inflation, même si un accord est rapidement trouvé. Elias Haddad de Brown Brothers Harriman & Co. souligne que la réponse de l'Iran au désengagement américain déterminera si le pire est derrière nous ou s'il est encore à venir. La situation du détroit d'Ormuz, une artère vitale pour l'approvisionnement en pétrole, reste un point de friction majeur.
La Corée du Sud a mis en place un groupe de travail d'urgence et la philosophie japonaise révise sa chaîne d'approvisionnement. Les Philippines ont déclaré l'état d'urgence national. La volatilité est donc loin d'être terminée.
Alors que les négociations oscillent entre espoir et impasse, la question centrale reste la suivante : quelle sera la prochaine étape et quel prix les marchés devront-ils payer pour l'incertitude qui règne?
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