Openai : le boom s'essouffle, une crise imminente?
La maison d’OpenAI, autrefois symbole d’une révolutioninédite dans le domaine de l’intelligence artificielle, sombre aujourd’hui dans une zone de turbulence. Des avertissements de résultats (profit warnings) se profilant à l’horizon, les investisseurs se méfient et les premiers signes d’un ralentissement de la croissance sont indéniables. Un véritable coup de tonnerre pour une entreprise qui, il y a à peine un an, avait basculé d’une organisation à but non lucratif à une entité commerciale aux ambitions démesurées.
Anthropic prend les commandes : le concurrent se dresse
Alors que la société de Sam Altman envisage de retarder son entrée en bourse, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Les mises à jour concernant les utilisateurs et les revenus, autrefois publiées sur les réseaux sociaux, ont été stoppées en janvier, après avoir atteint 900 millions d’utilisateurs. Des sources internes au journal The Wall Street Journal révèlent désormais que OpenAI se replie sur ses investissements, cherchant à maîtriser ses ardeurs. Reuters, quant à elle, a brandi l’étiquette de « ridicule » à l’accusation d’une restructuration, avant de se contenter d’une déclaration minimisant la situation.

Claude opus 4.6 : un retournement de situation
Le véritable tournant se situe avec le modèle Claude Opus 4.6, capable de générer du code avec une précision remarquable et d’écrire des textes complexes. Cette capacité, conjuguée à une stratégie proactive de l’entreprise Anthropic, notamment avec le soutien du Pentagone, a permis à ce dernier de prendre une avance significative sur OpenAI, qui a subi une crise de réputation. Elon Musk, ancien cofondateur, a d'ailleurs intenté une action en justice pour 134 milliards de dollars, accusant Altman et Brockman de fraude et de manipulation.

Les hiperescaleurs sous pression : un changement de donne
L’impact de cette situation se fait sentir dans l’ensemble du secteur des centres de données. Selon Bank of America, les cinq géants de l’informatique – Microsoft, Meta, Amazon, Alphabet et Oracle – devront investir 680 milliards de dollars en intelligence artificielle d’ici 2026. Microsoft et Oracle sont particulièrement surveillés par les investisseurs, compte tenu de leurs partenariats étroits avec OpenAI. Oracle a même sécurisé un data center de Texas pour couvrir les besoins de la startup, tandis que Microsoft a abandonné le projet Stargate en Norvège, initialement porté par Oracle.
L’optimisme prudent des analystes
Lale Akoner, stratège chez eToro, anticipe une année 2024 solide pour les trois grandes entreprises les plus exposées à l'IA : Microsoft, Google et Amazon. Google, grâce à son contrôle sur son propre infrastructure, est particulièrement bien positionnée pour accélérer son développement et attirer de nouveaux clients. Amazon, quant à elle, maintient un équilibre entre un solide bilan actuel et des investissements massifs dans l'avenir. Meta, de son côté, voit enfin ses efforts en matière d'IA porter leurs fruits, notamment grâce à l’amélioration de ses campagnes publicitaires via l’outil Advantage+.
Conclusion : un virage prudent
L’enthousiasme initial autour d’OpenAI se transforme progressivement en prudence. L’entreprise, autrefois perçue comme la porte d’entrée vers l’avenir de l’IA, est désormais considérée comme un risque à éviter. La course aux hiperescaleurs, qui avait vu OpenAI au sommet, semble se résumer à une lutte pour la survie. Les chiffres seront déterminants, mais une chose est claire : le futur de l'IA sera façonné par des rivalités acharnées et des stratégies audacieuses.
