Meta coupée en trombone : la chine bloque l'acquisition de manus
Un reverssement brutal. La Chine a décidé de saboter l’acquisition de la startup d’intelligence artificielle Manus par Meta, une décision aussi soudaine qu’imprévisible. L’organisme de planification central, la Commission Nationale de Développement et de Réforme, a ordonné l’annulation de l’accord, invoquant des réglementations non spécifiées.
Un scénario de tension croissante
Cette décision, tombée avant la potentielle rencontre entre Trump et Xi Jinping, risque d’exacerber les tensions géopolitiques déjà vives. L’incident met en lumière une nouvelle approche de la Chine face à l’influence technologique étrangère, une approche beaucoup plus agressive qu’on ne l’avait anticipé.
Initialement saluée comme une opportunité pour les jeunes pousses chinoises de s’imposer sur la scène mondiale, la transaction Manus, bien que menée via une entité singapourienne, a déclenché un examen minutieux de la part de Pékin. Des critiques pointent du doigt la fuite potentielle de technologies sensibles vers les États-Unis, une préoccupation que le gouvernement chinois ne peut ignorer.

Manus : au-delà des frontières juridiques
L’affaire Manus est plus complexe qu’il n’y paraît. Si la société a été constituée à Singapour – une stratégie classique pour contourner les restrictions chinoises – Pékin semble ignorer les formalités légales. Comme l’analyse Ke Yan de DZT Research : « Manus s’est constituée à Singapour, avec des fondateurs basés ici, et pourtant elle a été retirée. Le signal de Pékin est que ce qui compte, ce n’est pas où se trouve l’entité légale. »
Meta, qui avait déjà annoncé des plans de restructuration, perd ainsi un atout majeur dans sa course à la domination du marché de l’intelligence artificielle. L’entreprise, déjà confrontée à des suppressions d’emplois, se retrouve face à un obstacle majeur dans son ambition de développer des agents d’IA capables d’automatiser des tâches complexes. La concurrence avec Microsoft, Google, OpenAI et Anthropic ne fera que s’intensifier.

Des conséquences étranges
L’épisode Manus rappelle la décision récente de Pékin de forcer Didi Global à se retirer de la bourse de New York. Un message clair : les entreprises technologiques chinoises ne peuvent plus opérer librement sur les marchés internationaux. Les investisseurs, dont Tencent, ZhenFund et Hongshan, ont vu leurs avoirs encaissés. Meta, avec ses employés déjà transférés à Singapour, se retrouve dans une position délicate, bloquée par les réglementations chinoises.
Meta annonce des suppressions d’emplois : la compagnie réduira sa main d’œuvre d’environ 10% en mai. Un coup dur pour les équipes d’IA de l’entreprise.
La situation est loin d’être résolue. L’avenir de Manus, et de Meta, dépendra désormais des décisions de la Commission Nationale de Développement et de Réforme. Pour l’instant, la Chine a mis fin à une opportunité, et a envoyé un signal clair : la protection de ses technologies est une priorité absolue.