L'ia licencie ? un revenu universel pour survivre à la destruction des emplois ?
Un programme audacieux voit le jour aux États-Unis : des chômeurs, autrefois experts, reçoivent 1 000 dollars par mois pour tenter de faire face à la réalité brutale d'un marché du travail bouleversé par l'intelligence artificielle. La nouvelle illustre une tendance inquiétante : des compétences acquises sur des décennies se retrouvent soudainement obsolètes, remplacées par des algorithmes.
L’IA ne se contente plus d'assister les humains, elle les remplace. Des milliers, voire des millions, de postes sont menacés, des professions traditionnelles comme la programmation, la traduction, la comptabilité, mais aussi des métiers plus accessibles comme le service client ou la banque. La tragédie réside dans le fait que ces personnes ont consacré leur vie à un domaine qui, du jour au lendemain, leur est inaccessible.

Une expérimentation désespérée ?
L'initiative, menée par les associations AI Commons Project et What We Will, offre un soutien financier temporaire, une sorte de bouée de sauvetage dans un océan d'incertitude. Le montant, bien que limité, permet d'éviter une crise économique immédiate. Mais la question fondamentale demeure : comment faire face à une transformation aussi profonde ?
L’idée d’un revenu de base universel (RBU), longtemps reléguée aux débats théoriques, refait surface avec force. Des personnalités comme Bill Gates et Elon Musk ont déjà évoqué cette solution, mais leurs propositions, souvent floues et peu ambitieuses, semblent déjà trop peu pour répondre à l’ampleur du problème. Les ONG, elles, passent à l’action, avec un budget de 300 000 dollars pour financer cette première phase de tests.
L'expérience révèle des limites. Sam Altman, l'un des soutiens du projet, avait financé un essai similaire où les bénéficiaires avaient surtout utilisé l'argent pour améliorer leur alimentation. Peu ont investi dans des activités physiques ou de développement personnel. Le besoin de subsistance immédiat prime sur tout le reste. Et les entreprises d'IA, pour l'instant, semblent peu enclines à assumer la responsabilité sociale de leurs créations. Les propositions de taxation des bénéfices des IA ou de partage des revenus avec les travailleurs remplacés rencontrent une résistance farouche.
Kaitlin Cort, ingénieure logicielle et cofondatrice d’AI Commons Project, souligne que les jeunes diplômés ont du mal à trouver un emploi décent. « Les rares postes qu'ils obtiennent sont souvent répétitifs, réduits à la validation de code généré par l'IA. » La passion, l'ingéniosité, sont sacrifiées au profit de tâches mécaniques.
Le projet espère lever 3 millions de dollars avant la fin de l'année. Une somme considérable, et dont l'obtention semble improbable face à l'inertie des géants de la tech. La question n’est plus de savoir si l’IA va détruire des emplois, mais comment la société va gérer les conséquences de cette destruction. Ce programme, aussi modeste soit-il, est un premier pas, une tentative désespérée de donner une réponse à une crise sans précédent. Il ne résout rien, mais il permet à quelques centaines de personnes de ne pas sombrer complètement. Et c'est, en soi, une victoire fragile.
