La carretera espagnole justifie-t-elle une séparation entre cyclistes et voitures?

La rumeur d'une interdiction du cyclisme sur les routes espagnoles a fait polémique ces dernières semaines. Mais la vérité est plus complexe. Une modification récente au Boletín Oficial del Estado (BOE) autorise en effet les administrations à transformer les bandes d'arrêt en voies cyclables sur certains tronçons. Cela implique un nouveau modèle de cohabitation entre les usagers de la route.

Une séparation progressive, pas immédiate

Une séparation progressive, pas immédiate

Il ne s'agit pas d'une mesure d'urgence ni généralisée. Le BOE simplement donne le feu vert aux collectivités pour redéfinir certains tronçons et convertir l'espace actuellement occupé par l'arrêt-bord en un trottoir-bicyclette spécifique. C'est donc un changement normatif qui permet d'agir, pas une application directe sur l'ensemble du réseau.

Chaque intervention dépendra de critères techniques, du type de voie et de la planification des infrastructures dans chaque territoire. Auparavant, le modèle dominant a été la cohabitation, où le cycliste utilise l'arrêt-bord lorsqu'il existe ou partage la route avec les véhicules. Un schéma qui a généré une situation connue, mais également conflictuelle, notamment sur les routes secondaires.

En ce sens, l'enjeu est de créer une séparation plus claire, car dans les tronçons concernés, le cycliste laissera de côté la bande d'arrêt pour circuler sur une voie réservée, signalée R-407a. Ce changement ne doit pas être sous-estimé, car il modifie la logique avec laquelle on a toujours compris la route.

Le BOE ne fixe pas de date précise pour cette transformation et elle ne sera pas uniforme. Les collectivités prendront des décisions concrètes pour chaque voie. Il est donc important de noter que cette transition sera progressive et qu'il faudra encore convoyer sur les mêmes routes avec des bandes d'arrêt partagées et d'autres équipées de trottoirs-bicyclettes.

En fin de compte, la carretera espagnole n'interdit pas le cyclisme, mais elle en change le statut et la place dans la circulation routière. C'est là le débat qui se profile : jusqu'à quel point une séparation améliore-t-elle la sécurité ou limite-t-elle la liberté de circulation sur certaines routes? La réponse dépendra de la mise en œuvre de ces changements et des contextes dans lesquels ils seront appliqués.