Espagne : l'état traque la haine en ligne avec 'hodio'

Madrid met en place une nouvelle arme dans la lutte contre les discours haineux sur internet. Le président Pedro Sánchez a dévoilé « Hodio », une plateforme baptisée « Huella de Odio y Polarización », destinée à mesurer l'ampleur et l'évolution de ces messages toxiques sur les réseaux sociaux.

Un outil de transparence et de rigueur

Un outil de transparence et de rigueur

L'initiative, présentée comme transparente et basée sur des critères académiques solides, permettra de rendre publics les résultats de l'analyse. L'objectif affiché est de révéler qui combat la haine, qui l'ignore et qui en profite financièrement. « Nous allons rendre compte publiquement de chaque contenu haineux autorisé », a déclaré le président Sánchez.

Cette mesure s'inscrit dans un ensemble de réformes réglementaires annoncées en février, visant à encadrer les abus des plateformes numériques. Parmi ces mesures, on trouve notamment l'interdiction d'accès aux réseaux sociaux pour les moins de 16 ans, ainsi que la criminalisation de la manipulation algorithmique et de l'amplification de contenus illégaux.

Sánchez a insisté sur le caractère non spontané de la haine, la comparant à un virus cultivé en laboratoire. « Cela commence par des stéréotypes qui réduisent les individus à des étiquettes, et peut aboutir à la discrimination et à la violence », a-t-il souligné.

Le président a également pointé du doigt l'exploitation commerciale de la haine par les algorithmes, conçus pour maintenir les utilisateurs accrochés à des contenus polarisants. Il a notamment cité la montée du discours haineux sur X (anciennement Twitter) depuis l'acquisition de la plateforme par Elon Musk, avec une augmentation de 50% des propos agressifs.

L'incident de Torre Pacheco, en avril dernier, illustre parfaitement ce phénomène. Une agression physique contre un habitant de 68 ans a rapidement dégénéré en une vague d'attaques racistes en ligne, transformant un fait divers en une chasse à l'homme. Ce type d'événements, amplifié par les réseaux sociaux, révèle la facilité avec laquelle la haine se propage et se transforme en violence.

La cifra habla por sí sola : selon les premières estimations, X est devenu une véritable incubatrice de propos haineux, prouvant la nécessité urgente d'une régulation plus stricte.

L'ambition de Sánchez est claire : faire changer la donne.