Claude sous haute surveillance : le pentagone menace anthropic, l'europe prêt à accueillir l'ia ?
Le géant de l'intelligence artificielle, Anthropic, créateur du modèle claude, est au cœur d'une crise diplomatique inédite. Le Pentagone américain a placé la société sur la liste des risques pour sa chaîne d'approvisionnement, tandis que le président Trump a ordonné un retrait total de ses technologies des agences fédérales en six mois. Une décision qui pourrait coûter à Anthropic des centaines de millions de dollars.

La fracture sino-américaine s'étend à l'ia
Tout est parti d'un désaccord sur l'accès aux modèles Claude. Le Pentagone réclamait un accès total et sans restriction, ce que Anthropic a refusé, notamment en raison de deux points de son code d'éthique : l'interdiction du développement d'armes autonomes et le veto à la surveillance massive des citoyens américains. Cette impasse a conduit Anthropic à engager deux poursuites judiciaires contre le gouvernement américain, arguant une violation de ses droits à la liberté d'expression et au due process.
Sam Altman, PDG d'OpenAI, a d'ailleurs tempéré la situation en affirmant que « la classe moyenne intellectuelle va disparaître ; ou vous maîtrisez l'IA ou vous devenez son serviteur ». Une prévision sombre qui souligne l'enjeu de cette bataille technologique.
Face à cette crise, l'Europe se positionne. Matthias Mieves, porte-parole du SPD, a proposé d'accueillir Anthropic en Europe, avec un centre de recherche basé à Berlin, Paris ou Munich. Le plan prévoit également la création d'un fonds d'investissement européen et une collaboration à long terme avec la société. Une initiative louable, mais dont la faisabilité est remise en question.
Daniel Abbou, directeur de la BVKI, la fédération allemande de l'IA, tempère l'enthousiasme. Il souligne que Anthropic est fortement liée à l'infrastructure cloud et aux marchés financiers américains, avec des investisseurs majeurs comme Amazon et Google qui ne seraient pas disposés à voir la société s'éloigner de cet écosystème. De plus, il doute que Anthropic puisse simplement « faire ses valises » et déménager.
Une alternative plus pragmatique serait la création d'un laboratoire d'IA européen en collaboration avec Anthropic, permettant de retenir les talents européens et d'éviter une fuite des cerveaux vers les États-Unis. Un pari risqué, mais peut-être la seule voie possible pour l'Europe dans cette course à l'intelligence artificielle. L'enjeu n'est plus de savoir si l'IA va transformer le monde, mais de déterminer qui la contrôlera.
