Amazon déploie 10 milliards d'euros pour la domination de l'ia
Le géant du commerce en ligne, Amazon, vient de frapper fort sur le marché obligataire européen, lançant une émission record de 10 milliards d'euros, répartis en huit tranches allant de deux à trente-huit ans. Une manœuvre financière audacieuse, clairement destinée à alimenter ses ambitions dans le secteur de l'intelligence artificielle.

Une émission record pour financer la course à l'ia
Cette opération, la plus importante jamais réalisée en Europe en termes de nombre de tranches (huit, contre sept pour LVMH en 2020), suit de près une émission de 37 milliards de dollars aux États-Unis, démontrant l'appétit colossal d'Amazon pour l'IA. L'effervescence est palpable : les géants de la tech – Alphabet, Meta, Microsoft, et bien sûr Amazon – prévoient d'investir pas moins de 650 milliards de dollars d'ici 2026. Une somme vertigineuse qui témoigne de l'enjeu stratégique de la domination de l'IA.
L'émission combinée, dépassant les 45 milliards de dollars, illustre un phénomène plus large : le marché obligataire se réveille après une période de calme due aux tensions géopolitiques. L'annonce du président Trump sur une résolution prochaine du conflit avec l'Iran a permis de calmer les investisseurs, et l'appétit pour le risque est de retour, même si la prudence reste de mise, comme le démontre la récente restriction de prêts de JPMorgan Chase aux fonds de crédit privés.
L'astuce réside dans la diversification : Amazon a choisi de recourir à deux devises (euros et dollars) et à des échéances variées pour toucher un public d'investisseurs plus large et optimiser sa gestion du risque de refinancement. La demande a été telle que l'émission a été augmentée de 25 000 à 30 000 millions de dollars, avec un carnet de commandes atteignant 126 milliards de dollars pour la partie américaine – une performance exceptionnelle.
Bien sûr, les investisseurs s'interrogent sur le retour sur investissement de ces sommes colossales. L'annonce récente d'Amazon d'investir 200 milliards de dollars dans des centres de données, des puces et autres équipements d'ici 2026 a soulevé quelques questions, même si le marché creditice semble avoir embrassé la notion de “hiperescala” – une approche audacieuse et à grande échelle.
Alphabet a d'ailleurs empoché 32 milliards de dollars en obligations, dont une obligation à 100 ans libellée en livres sterling, un pari risqué mais qui a rencontré un vif succès. JPMorgan, Barclays, Bank of America et Société Générale agissent en tant que coordinateurs globaux de cette opération pharaonique. La fixation du prix de l'émission est prévue pour aujourd'hui. Le marché observe.
