Retardez-vous, les fonds de la sécurité sociale : presque un million de jubilateurs toujours dans l'attente
Des années d'attente. Presque un million de retraités espagnols, ceux qui ont cotisé à des mutualités avant 1979, attendent toujours de toucher l'argent auquel ils ont droit. Un engagement de l'État, formulé en 2025, qui s'évanouit dans le temps. La promesse de compensations de 4 000 euros par personne n'est pas tenue, laissant derrière elle un sillage de frustration et de complexité administrative.
La justice a tranché, l'administration bloque
Le problème, c'est la double imposition. Avant l'unification du système de Sécurité sociale, les cotisations versées aux mutualités étaient parfois injustement traitées comme des revenus íntegros lors du calcul de l'impôt sur le revenu. Une décision du Tribunal suprême en 2023 a reconnu le droit des anciens mutualistes à récupérer cet impôt. Une victoire juridique qui a ouvert la voie à une bataille administrative de grande ampleur, estimée à 6 milliards d'euros par le ministère des Finances.
Mais le chemin vers ce remboursement est semé d'embûches. La complexité du dossier, les changements de procédures administratives en 2025 avec de nouveaux formulaires, et une montagne de demandes à traiter ont ralenti l'avancement de l'opération. 2 288 524 demandes ont été traitées, mais seulement 1 502 455 ont abouti à un paiement, laissant 786 069 dossiers en suspens.
Prenons l'exemple des cotisations antérieures à 1967, qui peuvent bénéficier d'une réduction de 100 %, ou celles entre 1967 et 1978, avec une réduction d'environ 25 %. Ces chiffres illustrent l'ampleur de l'enjeu financier et la longueur des délais.
Pourquoi tant d'attente ?
L'accumulation des demandes est un facteur majeur. Mais le processus administratif lui-même a été source de retards. Des modifications législatives et des formulaires récents ont contraint certains contribuables à soumettre de nouvelles demandes, rallongeant les délais. Le ministère des Finances a finalement lancé les paiements en août, mais prévient que certains pourraient recevoir des sommes fractionnées.
Le délai de remboursement varie en fonction de chaque cas, mais il est généralement limité aux années fiscales 2019, 2020, 2021 et 2022. Le 31 décembre a marqué la fin du délai initial, après quoi des intérêts de retard, actuellement fixés à 4,0625 % par an, commencent à s'appliquer.
Les héritiers des anciens mutualistes peuvent également réclamer l'impôt sur le revenu sur les déclarations de leurs proches. Il est crucial de consulter le site de l'Agence Tributaire pour vérifier l'état de sa demande, en utilisant le numéro de référence de la déclaration de 2025 et un identifiant numérique.
Pas trop tard pour réclamer
Le formulaire électronique pour réclamer les remboursements des années 2020 à 2022 reste accessible. Les échéances pour soumettre les demandes sont les suivantes : 2 février 2026 pour les déclarations de 2020, 2021 et 2022, 2 février 2027 pour 2021 et 2022, et 2 février 2028 pour 2022.
Les syndicats et les associations d'affichés craignent que de nombreux bénéficiaires, y compris des héritiers, soient encore dans l'ignorance de leurs droits. Le système, conçu pour protéger les travailleurs, les a laissés sur le bord du chemin. Et ce n'est pas une simple question d'argent. C'est une question de justice.
