Verizon : le retournement de schulman, un mirage coûteux ?
Verizon affiche un second trimestre apparemment solide, mais creuse-t-il sa propre tombe à coups de réductions de coûts ? Alors que Dan Schulman semble maîtriser le navire, une analyse plus fine révèle des faiblesses fondamentales qui pourraient bien compromettre la pérennité du géant américain.
Les chiffres en surface : un semblant de succès
Les indicateurs habituels sont au vert : une hausse de 2,8 % des revenus des services de mobilité et de bande passante, un bond de 184 000 abonnés postpaid (le meilleur second trimestre depuis cinq ans), et un gain net de plus de 550 000 abonnés mobilité et bande passante, une augmentation de 230 000 par rapport à l'année précédente. Le taux de désabonnement, le fameux 'churn', est également en baisse. Mais la réalité est plus nuancée. Le chiffre d'affaires total, à 34,3 milliards de dollars, n'a augmenté que de 0,7 % en glissement annuel, une progression timide qui masque une chute de 20 % des ventes d'équipements, soit 1,2 milliard de dollars. Une explication ? Les clients gardent leurs appareils plus longtemps, et Verizon a réduit ses subventions sur les téléphones.
La stratégie de Schulman, axée sur la réduction des coûts, semble porter ses fruits à court terme. Mais à quel prix ? La réduction du bénéfice net de 22,9 %, pour atteindre 3,9 milliards de dollars, est un signal d'alarme. Le fardeau est allégé par des charges exceptionnelles pré-impôts de 1,8 milliard de dollars, mais l'impression reste que Verizon se serre la ceinture au détriment de l'investissement à long terme.

L'illusion de la valeur ajoutée
L'entreprise met en avant ses nouveaux plans Simplicity, ses offres convergées Verizon One et son programme de fidélité « de premier plan ». Des initiatives présentées comme des leviers d'acquisition et de fidélisation de clients basés sur une « réelle valeur », plutôt que sur des promotions subventionnées. Une illusion ? L'analyste TMT Walter Piecyk pointe du doigt une tendance à la baisse des ajouts de comptes postpaid, du Revenu Moyen Par Compte (ARPA) et des revenus des services postpaid. Les améliorations constatées seraient donc principalement le fruit de la réduction des coûts, et non d'une croissance organique.
Pire encore, T-Mobile devance Verizon dans les rapports récents d'Ookla et d'Opensignal. Le réseau de Verizon ne montre pas de progrès significatifs. Et les réductions de prix des appareils pourraient inciter les clients à se tourner vers la concurrence. T-Mobile, par exemple, propose des offres plus avantageuses sur la nouvelle gamme de pliables de Samsung, un argument de poids, compte tenu du surcoût de 100 dollars des nouveaux appareils.
Il y a des limites à ce que l'on peut économiser. À force de rogner sur les dépenses, Verizon risque de se retrouver avec une base de clients mécontente et une image de marque dégradée. L'avenir dira si cette stratégie de court terme ne s'avérera pas une erreur fatale. La patience des consommateurs a ses limites, et une entreprise technologique ne peut pas survivre indéfiniment en se contentant de couper dans les dépenses.
Le chiffre est là : Verizon, malgré ses efforts, ne parvient pas à croître de manière significative. Et si la véritable innovation résidait ailleurs que dans l'austérité financière ?
